Pays invité : le Luxembourg !

Après la Belgique en 2017 et le Japon en 2018, le Grand-Duché du Luxembourg est cette année l’invité d’honneur des festivités nancéiennes. Un pays où la tradition est si forte que le Niklosdag, le jour de Saint-Nicolas, a été déclaré jour férié pour les enfants !

C’est qui le (Saint) patron ?

« Léiwe Kleeschen, gudde Kleeschen… » Les petits luxembourgeois connaissent la chanson par coeur, et pour cause : là-bas, les Fêtes de Saint-Nicolas sont presque plus importantes que celles de Noël. Car de l’autre côté de la frontière, saint Nicolas répond au nom de Kleeschen, et gâte lui aussi les bambins avec cadeaux et douceurs sucrées – notamment avec des Boxemännchen, petits bonhommes en brioche, véritables stars de la fête. Et ce, dans la nuit du 5 au 6 décembre, bien sûr, mais également dès la fin du mois de novembre !

Deux semaines avant le Jour J, les enfants glissent en effet leur pantoufle devant la porte d’entrée de leur maison... Et au matin, ils y découvrent une friandise déposée par le Kleeschen s’ils ont été sages… Ou, dans le cas contraire, une « rute » du Housecker – comprenez par là une « brindille » du Père Fouettard.

D’ailleurs si l’imagerie entourant saint Nicolas est relativement similaire à la nôtre – barbe blanche, habit rouge, mitre et crosse – celle du Housecker diffère un peu dans le sens où son visage est caché par une grande capuche noire.

Enfin, comme ici, la tradition remonte au Moyen Âge et célèbre la même légende : celle des chérubins partis glanés au champ, sauvés du saloir d’un boucher malveillant par un saint homme perché sur un âne gris.

Depuis, chaque année, la journée du 6 décembre est fériée pour les enfants au Luxembourg, et le pays profite des grandes fêtes organisées dans les villes, avec défilés de chars, cortèges lumineux et feu d’artifice.

American St. Nick Story

Saviez-vous que, durant la Seconde Guerre Mondiale, ce sont deux GI’s américains qui ressuscitèrent saint Nicolas au Luxembourg dans la petite ville de Wiltz, après quatre années d’occupation allemande ?

Le régime nazi avait contraint le pays à renoncer à ses traditions, sa langue, sa culture, ses fêtes… Alors en 1944, quand la 28e division d’Infanterie s’est repliée à Wiltz après d’intenses combats contre la Werhmacht à la frontière allemande, le caporal Harry Stutz proposa à son ami le caporal Richard Brookins, 22 ans, de se grimer en saint Nicolas, avec mitre et barbe blanche, afin de ramener un peu d’espoir dans les regards des gens de la ville.

C’est ainsi que, deux angelots à ses côtés, le jeune soldat défila dans les rues de la ville à l’arrière d’une Jeep de l’armée américaine, distribuant chewing-gums et rations de chocolat à tous les enfants…

Depuis lors, l’American St. Nick est salué chaque année à Wiltz – la distinction militaire honorifique la plus élevée du Luxembourg avait d’ailleurs été remise à Richard Brookins en 2016.

Cet incroyable geste de générosité purement désintéressé, Peter Lion, producteur, réalisateur et auteur américain, sept fois récompensé aux Emmy Awards, l’a raconté dans un livre, American St Nick, publié en 2015.

L’histoire lui avait été contée par l’un de ses meilleurs amis : le fils de Richard Brookins lui-même…

Son livre a par la suite été adapté en documentaire par la WWII Foundation, avec images d’archives et retour de Richard Brookins à Wiltz, soixante-dix ans plus tard.

Et grande nouvelle : ce film sera projeté le mercredi 4 décembre à 20h dans les grands salons de l’Hôtel de Ville de Nancy et le dimanche 8 décembre à 14h30 à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts, en présence de Peter Lion lui-même !

Notez que la date du 4 décembre n’a pas été choisie par hasard : on fêtera également la sainte Barbe, patronne des artificiers, canonniers et ingénieurs de combats… Comme un clin d’oeil à ce lien entre la Libération, les GI’s américains, et l’American St Nick.

Affaire classée !

À l’instar des Fêtes de Saint-Nicolas de Nancy, celles de nos voisins luxembourgeois viennent d’être classées au Patrimoine Culturel Immatériel de leur pays !

Le Niklosdag rejoint ainsi la Procession dansante d’Echternach et la Schueberfouer, la plus grande fête foraine du Grand-Duché, sur la liste des « pratiques sociales, rituels et événements festifs » que le pays s’engage à préserver, enrichir et conserver. Une très bonne nouvelle – et une étape importante dans l’éventuelle future coopération internationale pour l’inscription des Fêtes de Saint-Nicolas au patrimoine mondial de l’Unesco

La légende de Saint-Nicolas traduite en luxembourgeois

Et waren emol dräi kleng Kanner
Déi ëmmer op d’Feld spille gaang sinn.
Enges Owes si se bei e Metzler komm:
Metzler, kënne mir bei dir schlofen?
Kommt eran, Kënnercher,
Ech hu sécher Plaz fir iech.

Si waren nach net richteg dobannen,
du hat de Metzler se schonn doutgemaach,
a kleng Stécker geschnidden,
A wéi d’Schwäin am Salz gesolpert.

8 Joer méi spéit ass de Kleeschen
an déi Géigend komm,
an ass um Metzler seng Dier klappe gaang:
Metzler, kann ech bei dir iwwernuechten?

Komm eran, Kleeschen
U Plaz soll et net feele fir dech.
Knapps war hien dobannen,
Du huet hien no eppes z‘iesse gefrot.

Wëllt Dir e Maufel Ham?
Där wëll ech keng, si ass net gutt.
Wëllt Dir e Stéck Kalleffleesch?
Däers wëll ech keent, dat ass net schéin.

Ech wëll Gesolpertes
Wat schonn zënter 7 Joer agemaach ass.
Wéi de Metzler dat héieren huet,
Ass hien eenzock zur Dier eraus fortgelaf.

Metzler, Metzler, laf net fort
Wann s de Bouss dees, verzeit den Herrgott dir.
Dee groussen Hellegen huet 3 Fanger ausgestreckt
An déi 3 Kanner sinn erëm operstan.

Dat éischt sot: ech hu gutt geschlof.
Dat zweet sot: ech och.
An dat drëtt huet geäntwert:
Ech hu mech wéi am Paradäis gefillt.

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