Laneuveville-devant-Nancy

Jean-Luc Philippot - Bénévole

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Je trouve la démarche auprès de l’Unesco formidable.

Monsieur Philippot, à Laneuveville, il n’y a pas de Comité des Fêtes mais une équipe de bénévoles très dynamique, est-ce exact ?

C’est juste. Nous sommes huit bénévoles retraités qui travaillons ensemble sur le sujet. Après que la thématique nous ait été communiquée par notre Adjoint au Maire Délégué, vers mars-avril, je commence à réfléchir à ce qu’on pourrait faire par rapport à notre char. En effet, celui-ci présente une spécificité particulière : il dispose, depuis plus de dix ans maintenant, d’un plateau tournant de deux mètres de diamètre. En général, quand on imagine et on construit les décors, on réfléchit à ce qu’on va mettre devant pour exploiter au mieux ce plateau.

Cette année, notre choix s’est porté sur le justicier, aventurier, inventeur « l’Homme-Araignée » qui sera représenté en polystyrène dans un décor de buildings new-yorkais. Le thème des super-héros est top car il parle aux enfants et les intéresse forcément. Il ne faut jamais perdre de vue que ce sont les enfants qu’on veut toucher prioritairement, car c’est avant tout leur fête.

Pour en revenir à votre question initiale, je dessine donc les grandes lignes du projet avant d’en parler avec les autres et d’arrêter notre choix définitif. On démarre toujours mi-août avec la découpe du contreplaqué et du polystyrène. Il y a d’ailleurs beaucoup de petits morceaux qu’on fait chez soi qui encombrent à l’heure actuelle nos garages. Une chose importante à préciser : le matériel nous est fourni par notre commune et nous avons l’entière liberté de circuler dans les locaux des services techniques et d’utiliser leur matériel, notamment de découpe. C’est dire comme on est chouchouté dans notre commune, à tous points de vue ! Les équipes techniques nous donnent aussi un coup de main entre autres pour l’installation de l’éclairage.
Parmi les bénévoles, on a des compétences bien utiles : un ancien menuisier qui agençait des magasins, un autre qui a suivi un stage de sculpture et de découpe de polystyrène, moi-même qui anime un atelier de peinture à la MJC de Laneuveville ; mais des compétences en électricité que nenni !

A nous trois, on arrive à se projeter sur la réalisation finale qu’on a dans la tête, on parvient à dessiner des croquis, des esquisses et des plans. Après, on s’adapte.

Vous aimez le Défilé et souhaitez le vivre en tant que spectateur, pourquoi ?

Vous savez Saint-Nicolas est avant tout une fête de famille. J’ai habité pendant trente ans à Metz. Eh bien, ma mère et mon père nous emmenaient toujours voir le défilé chaque année. Pour moi, être spectateur au Défilé c’est un peu une tradition et une réminiscence du passé. Et c’est important de faire perdurer cette tradition auprès de mes petits-enfants. D’ailleurs, ils apprécient beaucoup d’être avec leur papy pendant ce moment festif.

Pour moi, j’y vois un autre avantage aussi. Au milieu des spectateurs, on est anonyme ; on entend davantage ce qui se dit sur son char, on voit les réactions de plus près car quand on défile, on est un peu éloigné de tout cela. Alors que moi, je « baigne » totalement dedans. Et puis, regarder, observer tous ces chars, cela me donne aussi des idées pour la suite. Tout est bon à prendre, même les critiques !

Vous parliez de tradition des Fêtes de Saint-Nicolas, pour quelles raisons vous tient-elle tant à coeur ?

Quand on était gosse – nous étions dans les années 1950 - Noël n’existait pas pour nous. Mais la Saint-Nicolas, c’était quelque chose ! On recevait des cadeaux – oh, pas beaucoup comparé à maintenant - mais c’était exceptionnel ! Mes parents n’étaient pas riches, mais ils faisaient un effort en cette période de l’année. Comme nous étions heureux de recevoir une orange et quelques friandises ! Imaginez, une orange ! A l’époque, c’était encore un fruit relativement rare donc cher. Quand j’y repense...

Alors, j’y tiens à cette tradition. On est peut-être vieux jeu (mais je ne pense pas) mais quand on voit ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, et bien, je pense qu’il est important de garder ses racines – on est lorrain – et de faire perdurer cette tradition.

C’est pour cela que je trouve la démarche auprès de l’Unesco formidable. Il faut vraiment « mettre le paquet » et réussir à inscrire nos Fêtes de Saint-Nicolas au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, facteur important du maintien de la diversité culturelle face à la mondialisation croissante et vecteur de connaissance et de transmission d’une génération à une autre.

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