OHS Lorraine

Stéphane Perceau - Directeur de l’Institut Médico-Educatif de Flavigny-sur-Moselle

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Il y a un grand respect du public à l'égard de nos jeunes.

Votre char, Monsieur Perceau, est un peu particulier dans le Défilé puisqu’il ne représente pas une commune mais une organisation, à savoir l’OHS Lorraine, et qu’il est réalisé par des jeunes, expliquez-nous.

Effectivement, l’Office d’Hygiène Sociale Lorraine est l’une des trois organisations non liées à une commune de la Métropole, qui participe, comme l’Unicef et le Syndicat des patrons pâtissiers confiseurs glaciers de Meurthe-et-Moselle, au Défilé.

L’OHS de Lorraine, qui fêtera son 100ème anniversaire en 2020, poursuit une mission d’intérêt général dans les domaines sanitaire, social, médico-social et juridique auprès de publics en difficulté, en situation de fragilité ou de handicap.

A l'IME (Institut Médico-Educatif), notre objectif est d’assurer le développement et la coordination des efforts en vue de l'accompagnement dans tous types de dispositifs (secteurs sanitaires, médico-social et social...) d'enfants, de 6 à 20 ans, porteurs d'une déficience intellectuelle (quotient intellectuel inférieur à 70), quel que soit le niveau de leur déficience, avec ou sans trouble associé.

Nous leur proposons non seulement un soutien, un accompagnement et des soins mais également un dispositif de scolarisation adaptés.

La construction du char participe à l’accompagnement de ces jeunes dans leurs fragilités. En effet, douze enfants, de 14 à 19 ans, vont ensemble, sous l’égide de moniteurs d’ateliers, participer à plusieurs ateliers pré-professionnels de menuiserie, de découpe de polystyrène, d’assemblage, d’éclairage et de peinture, le tout piloté par Monsieur Poret qui coordonne l’ensemble du projet, sans oublier bien sûr le Défilé.

Dans la mesure où la fabrication du char nécessite certaines capacités cognitives, tous les enfants ne peuvent y participer, raison pour laquelle nous réalisons donc une sélection des candidatures transmises par les chefs de service. La thématique et le projet sont définis par les éducateurs et moi-même avant la rentrée scolaire pour une mise en pratique dès début septembre par nos élèves, à raison de deux jours et demi par semaine sur quatorze semaines, ce qui représente pas moins de 300 heures de travail.

Vous parliez justement de thématique, quelle est celle que vous avez retenue pour cette année ?

Je dois dire que l’amour nous a particulièrement bien inspirés cette année et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, l’amour est universel, il est synonyme de tolérance vis-à-vis d’autrui et d’acceptation de toutes les différences. Il soude les gens, crée du lien social. Le parallèle avec l’OHS était là sous nos yeux.

Ensuite, l’amour touche tout le monde et notamment nos jeunes adolescents qui baignent, eux aussi, dans les histoires d’amour, sans en avoir forcément les clés. Les troubles du comportement n’empêchent pas l’amour ; c’est donc à nous qu’il revient de les accompagner dans cette période un peu compliquée.

Enfin, dans la mythologie romaine, Cupidon, Dieu de l’Amour, est le plus souvent représenté sous la figure d’un enfant ou d’un jeune adolescent, muni d’un arc et de flèches, l’air désoeuvré mais malin. Il apparaît parfois aveugle ou les yeux bandés car l’amour n’aperçoit pas de défaut dans l’objet aimé. Il conduit aussi parfois des chars.

Autant de raccourcis « opportunistes » avec le char de Saint-Nicolas et nos enfants.

Pouvez-vous nous dire ce que cela représente pour ces jeunes de défiler à Nancy ?

Nos jeunes sont très demandeurs pour défiler car cela représente pour eux une belle mise en valeur de leur travail, une magnifique reconnaissance aussi, sans compter l’immense fierté qu’ils ressentent au contact des milliers de personnes présentes et qui les acceptent comme ils sont.

Des liens chaleureux se créent entre le public et ces enfants, mais également entre eux et leurs éducateurs car ce moment est vraiment à part. L’ambiance est festive, il y a un grand respect du public à l’égard de nos jeunes. Ils sont au milieu de la vie ordinaire, il n’y a plus de différence avec les autres. Ils ont leur place.

Les « anciens » pensionnaires de l’OHS sont là aussi pour les encourager ; c’est un peu comme une « grande famille ». On accueille tout le monde dans sa différence. Jacques Parisot, grand médecin français d’origine nancéienne, fondateur de l’OHS et à l’initiative de la politique d’action sanitaire et sociale, avait à coeur de soulager la misère physique et morale d’autrui et d’oeuvrer pour la bientraitance, un peu comme saint Nicolas d’ailleurs. Il serait sûrement fier de ce moment de partage que représente le défilé.

Construction du char de la Saint-Nicolas - décembre 2006

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