Syndicat des patrons pâtissiers confiseurs glaciers de Meurthe-et-Moselle

Sylvain Musquar - Président

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A la Saint-Nicolas, on a tous 8 ans !

Les Fêtes de Saint-Nicolas préfigurent un peu « la trêve des confiseurs » si chère à votre syndicat, non ?

J’irais même plus loin. Les Fêtes de Saint-Nicolas, c’est un peu le début de la trêve des confiseurs car elle représente dans notre région le lancement de la période des fêtes.

Si on fait un petit retour en arrière... La tradition française d’une trêve lors des fêtes de fin d’année remonte à décembre 1874, lorsque, sur les bancs de la Chambre des députés, il est décidé de mettre entre parenthèses les vifs débats portant sur la future Constitution de la IIIème République. Les députés s’accordent des vacances pour ne pas troubler la reprise du commerce à Paris qui tente de retrouver une certaine dynamique après la guerre de 1870 et la Commune. Ainsi, les marchands de sucreries, gâteaux, friandises pouvaient faire « leur petit commerce ».

La trêve des confiseurs désigne de nos jours la période de fêtes, généralement entre Noël et Nouvel An, mais nous, en Lorraine, nous avons notre Saint-Nicolas. La période des fêtes est donc ici plus longue, voire même un peu décalée car pour certains et notamment nos anciens, la Saint-Nicolas revêt une importance plus grande que Noël.

Si je pousse encore un peu, je dirais même qu’elle démarre, pour nous, confiseurs et pâtissiers, encore plus tôt dans l’agenda car mi-octobre, nous commençons à préparer la pâte-mère pour le pain d’épices et qui dit pain d’épices dit Saint-Nicolas !

Quand vous parlez de pain d’épices, votre regard s’illumine, un peu comme le regard des enfants devant le Défilé.

A la Saint-Nicolas, on a tous 8 ans, même la grand-mère de 80 ans ! C’est une fête tellement conviviale et bon enfant ! Elle représente forcément quelque chose pour chacun d’entre nous !

Pour moi, la Saint-Nicolas évoque des souvenirs gourmands, notamment ceux du pain d’épices. Et puis cette odeur (du pain d’épices toujours) qui embaume tout le quartier, de la maison où je suis né et où je travaille maintenant, jusqu’à l’église du village. Tout le quartier est au courant que le pain d’épices se prépare et donc que les fêtes approchent ! Cette odeur d’enfance m’est très agréable, c’est un peu « ma madeleine de Proust » à moi !

Vous parliez aussi du Défilé. C’est pareil, on a tous 8 ans à ce moment-là ! J’accompagne le char des pâtissiers depuis cinq ans dans le cortège du grand Défilé à Nancy. Eh bien, à chaque fois, c’est la même sensation : c’est grisant, bluffant, enivrant même ! Tout le monde nous attend, c’est une super ambiance. On a vraiment le sentiment d’être privilégié, de vivre un moment unique.

L’évocation du pain d’épices nous met l’eau à la bouche, tout comme le décor de votre char qui défile à la Saint-Nicolas.

C’est certain. Forcément sur notre char dénommé « La Gourmandise », si joliment réalisé par les services techniques de la Ville de Nancy, vous retrouvez des tas de bonnes choses que nous réalisons les uns les autres : donut, religieuse… Mais surtout, ce char est à l’image de ce que nous sommes : coloré, généreux, gourmand, bien fait ! C’est une belle vitrine de nos métiers et de nos valeurs : le fait maison, le fait main, le savoir-faire ! Comme disait Auguste Escoffier, le « roi des cuisiniers et cuisinier des rois », « on ne fait du bon qu’avec du très bon ! », c’est un beau résumé de ce qui constitue l’ADN de l’ensemble des 27 adhérents au syndicat, tous experts-pâtissiers de Lorraine.

Pour nous, il est important de promouvoir le métier de pâtissier et la nécessaire transmission de nos savoirs, notamment au travers de l’apprentissage sur lequel nous sommes fortement engagés. La collaboration avec la Ville de Nancy est un excellent moyen pour cela, notamment au travers de l’organisation de nombreux événements tout au long de l’année (les Fêtes de Saint-Nicolas évidemment mais aussi la distribution de pains d’épices en décembre place Carrière, le repas des Aînés et Pépinière en Fête).

Ces événements permettent aux gens de découvrir nos métiers mais aussi l’humain qu’il y a derrière. Nous sommes des petites structures à taille humaine et c’est cela que je « vends » : l’humain qui pétrit la pâte, l’humain qui décore les gâteaux, l’humain qui accueille derrière son comptoir, qui conseille, qui reconnaît ses clients… On a un peu un rôle social, notamment auprès de nos aînés, des personnes isolées. Ces valeurs d’humanité et de bienveillance font écho à saint Nicolas et aux fêtes qui offrent cet îlot d’humanité dans lequel on peut respirer à pleins poumons...

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